mercredi 17 décembre 2008
Intervention - Budget Primitif 2009
Par Nathalie Beranger, mercredi 17 décembre 2008 à 09:38 :: Conseil

Vos choix politiques pour ce qui concerne le Budget Primitif que vous nous proposez ce soir nous incitent à réagir assez fortement.
Aucune des grandes crises économiques de ces trente dernières années n’avait été prévue et il faut prendre acte de l’échec de tous les indicateurs sensés anticipés les aléas économiques et financiers internationaux.
Prendre acte c’est aussi l’assumer avec les moyens que nous avons, tout en préservant la qualité de vie des citoyens.
Or nous avons le sentiment que tout est fait dans cette municipalité pour rajouter de la crise à la crise. En multipliant les augmentations tout azimut (stationnements, emplacements et terrasses des commerçants, la Taxe Locale d’Equipement…etc etc) et en augmentant les impôts locaux de 9%, vous faites subir de plein fouet aux habitants les difficultés économiques que notre pays traverse aujourd’hui.
Vous pénalisez simultanément le plan de relance par la consommation mis en place par le gouvernement SARKOZY et suivi par le département de l’Isère (dont le Président n’augmente pas les impôts, je vous le rappelle) en freinant les dépenses des grenoblois soucieux pour leur avenir.
Quant à l’argument qui est de dire si l’Etat ne s’était pas désengager, il est périmé. A un moment donné, et ce avant la crise, nos élus nationaux ont pris leurs responsabilités en transférant des compétences aux Régions, aux Départements et aux Intercommunalités pour réduire les coûts de l’Etat. Que l’on soit d’accord ou pas, chacun doit maintenant assumer ces nouvelles fonctions en évitant de « crier aux loups » à chaque fois que l’on veut justifier des choix politiques impopulaires comme l’augmentation des impôts de 9%. (Je signale, quand même, que l’Etat a accepté d’augmenter les bases fiscales : à taux constants, on améliore donc nos recettes !)
Nous pensons que le mieux aurait été que la municipalité assume sa part dans cette période difficile. Elle aurait pu compenser ses pertes de recettes (droits de mutation...) et ses augmentations de charges qui sont réelles (factures énergétiques, taux bancaire…) en cherchant à faire des économies et en diminuant son train de vie.
Même si certaines grandes villes augmentent leurs impôts, (c’est votre argument), elles cherchent aussi à faire des économies pour éviter justement toutes les augmentations que vous imposez aux grenoblois.
Je prends quelques exemples d’économies possibles : le maire de Lyon envisage de ne pas remplacer les personnels pendant leurs congés exceptés ceux qui sont à des guichets accueillant du public, il a également mis en place un processus qui va permettre une réduction de 15% du coût des fournitures administratives ; le maire d’Antibes supprime une grosse manifestation du 31 décembre et reporte l’achat de véhicules de services. D’autres maires ont mis en place un programme d’économies d’énergie pour l’éclairage publique, certains suppriment les cérémonies et les cartes de vœux ainsi que la publication d’un journal municipal pour alléger le budget communication…Il existe une multitude d’exemples en France de communes qui serrent les cordons de la bourse. Et VOUS !
Vous savez, abandonner temporairement quelques manifestations, je vous l’assure, les grenoblois l’auraient non seulement compris mais approuvé, il suffisait de leur expliquer. Ce que vous appelez, vous, la politique des petits fours, elle est visible; et supprimer quelques fêtes et cérémonies auraient comme avantage de montrer que la ville aussi fait des efforts.
En conclusion et sous forme de boutade : avec un nombre conséquent de petits fours on fait un gros gâteau.
Je vous remercie.
Nathalie BERANGER
